Plus compliqué, il me plaît tout de même par le message qu'il dégage.
Les tigres et le renard
CONTE HINDOU
Deux tigres convoitaient un grand morceau de fromage. Chacun disait qu’il lui appartenait parce qu’il
avait été le premier à le voir.
Ils étaient sur le point de se battre. Déjà leurs griffes acérées brillaient sous le soleil. La mort attendait
patiemment que l’un des deux trépasse quand soudain, un renard arriva sur l’aire du combat. Aussitôt, les tigres se tournèrent vers ce visiteur inattendu et lui demandèrent de trancher leur
différend.
« Cher renard, habitant de la jungle, pouvons-nous faire appel à votre grande sagacité ? Voulez-vous
s'il vous plaît nous donner un conseil sage et nous nous soumettrons à n'importe quel jugement que vous nous donnerez ».
Après avoir longuement expliqué au renard le motif de la querelle, ce dernier, l’air sagace
déclara :
« O, vous les plus rapides de tous les prédateurs de la jungle, je vous remercie de votre confiance en me
demandant d’arbitrer votre querelle. Soyez certains que j'agirai le plus impartialement du monde ».
Le renard s’est alors assis devant les deux tigres querelleurs et a commencé les débats. Après la vérification
des faits et l'audition des arguments des deux parties, il s’est adressé aux demandeurs de la façon suivante ainsi :
"O, grands tigres, j'ai écouté votre affaire et assurément, il peut être dit beaucoup de choses de chaque côté.
Cependant, il me paraît juste de couper ce morceau de fromage en deux parts égales et d’en remettre un morceau à chacun d’entre vous. »
Les deux tigres se sont regardés puis ont acquiescé en disant : « Sage renard ta décision est
vraiment juste et nous acceptons ton jugement ».
Le renard, qui comme chacun le sait, est très rusé continua de la sorte : « Mais pour arriver à un
résultat plus juste et plus équitable encore, je dois moi-même diviser le fromage en deux parts égales et vous les donner afin que vous ne commenciez pas à vous battre à nouveau. Apportez-moi une
balance et un couteau pointu. »
Les tigres pensaient que c'était une idée très sage de laisser diviser le fromage par le renard et apportèrent
à la hâte une balance et un couteau de cuisine bien affûté.
Le renard à l’aide de ce couteau coupa le fromage en deux parties d’un seul coup. Il mit chaque partie sur un
plateau de la balance et constata qu’un des plateaux n’était pas à la même hauteur que l’autre. « Mmmmmmm », dit le renard « il me semble que les deux moitiés ne sont pas égales du
tout. » Il prit le morceau le plus lourd et en coupa une tranche afin de le rendre semblable
à l’autre. Il mangea la tranche qu’il venait de couper et reposa les morceaux sur les plateaux de la balance.
Il regarda à nouveau les plateaux. Le morceau dont il avait pris une tranche était maintenant plus léger que
l'autre. Le renard secoua la tête et dit : « Nah! Cela ne va pas. Les deux pièces ne semblent pas être égales. » Les tigres étaient bien d’accord avec cette observation. Le
renard prit le morceau le plus lourd et coupa une tranche afin de le rendre semblable à l’autre. Il mangea la tranche qu’il venait de couper et reposa les morceaux sur les plateaux de la
balance.
Cela continua pendant près d’une heure. Petit à petit, le renard mangeait les tranches qu’il ôtait de la
pièce de formage la plus lourde. Lorsque les morceaux de fromage devinrent minuscules, les tigres se regardèrent avec stupéfaction. Ils s’étaient engagés à respecter la décision du renard, ils ne
pouvaient donc rien dire mais n’en pensaient pas moins.
Il ne restait plus à présent qu’un seul minuscule morceau de fromage dans un des plateau de la balance. Le rusé
renard le mit dans sa bouche et jeta au loin la balance et le couteau avant de disparaître dans les bois.
Les deux tigres se rendirent compte mais un peu tard qu'ils avaient été bernés. Ils avaient été bien idiots de
s’être disputés pour morceau de fromage qu'ils auraient pu amicalement diviser et manger.
La morale de cette histoire : il ne faut pas se battre pour des petites choses, mais les partager avec nos
semblables car lorsqu’un litige survient, c'est toujours un troisième larron qui en profite !